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Fermentation malolactique : pourquoi certains vins sentent-ils le beurre ?

Publié le 2026-07-15 · 3 min · Vinothèque du Léman

Un Chardonnay évoque parfois le beurre, la crème ou une texture plus ronde. Ces sensations peuvent être liées à la fermentation malolactique, plus précisément appelée conversion malolactique. Le phénomène ne se résume pourtant pas à un arôme : il transforme l’acidité du vin et son résultat dépend des choix du vinificateur. Voici une explication claire pour mieux lire une fiche technique et déguster sans raccourci.

La réponse courte

La fermentation malolactique est l’action de bactéries lactiques qui transforment l’acide malique en acide lactique et en dioxyde de carbone. Elle diminue la sensation d’acidité et peut modifier le profil aromatique. Le diacétyle formé au cours de processus microbiens peut rappeler le beurre, mais cet arôme n’est ni systématique ni une preuve suffisante à lui seul. Un vin peut avoir réalisé sa malolactique sans sentir nettement le beurre.

De l’acide malique à l’acide lactique

L’Australian Wine Research Institute et l’extension de l’Oregon State University décrivent le mécanisme central de la même manière : des bactéries lactiques, principalement Oenococcus oeni, convertissent l’acide malique en acide lactique. L’acide malique est couramment associé à une acidité plus vive ; l’acide lactique donne une perception plus douce. La transformation s’accompagne d’un dégagement de dioxyde de carbone.

Cette étape est distincte de la fermentation alcoolique, durant laquelle les levures transforment les sucres en alcool. Le mot « fermentation » reste d’usage, mais « conversion malolactique » évite la confusion. Son intérêt n’est pas seulement gustatif : conduite et achevée avant la mise en bouteille, elle contribue aussi à la stabilité microbiologique recherchée pour les vins concernés. Une activité malolactique non souhaitée en bouteille peut au contraire entraîner trouble et gaz, comme l’explique l’Université de Californie à Davis.

Le beurre vient du diacétyle, pas de l’acide lactique seul

UC Davis identifie le 2,3-butanedione, ou diacétyle, comme un composé à l’arôme beurré produit par des bactéries lactiques telles qu’Oenococcus. Le lexique de dégustation du WSET associe lui aussi la conversion malolactique à des notes possibles de beurre, de crème ou de fromage. Il s’agit de repères sensoriels, pas d’une équation automatique entre malolactique et « goût de beurre ».

L’intensité perçue varie avec le vin, la conduite de la conversion, l’élevage et la gestion du diacétyle. D’autres éléments peuvent renforcer ou masquer la sensation. Il faut donc résister à deux conclusions rapides : un arôme beurré n’indique pas forcément un défaut, et son absence ne prouve pas que la malolactique a été évitée. Pour analyser plus largement les informations disponibles, consultez notre guide pour lire une fiche de vin.

Comment utiliser ce repère pour choisir une bouteille

Si vous aimez les blancs tendus, demandez un profil où la fraîcheur, le fruit et la précision dominent, puis interrogez le caviste sur la malolactique et l’élevage. Si vous recherchez davantage de rondeur, de texture ou des notes crémeuses, dites-le sans imposer un cépage : plusieurs méthodes de vinification peuvent contribuer au résultat final. La fiche technique du producteur est plus fiable qu’une supposition fondée sur la région ou la couleur. Deux vins issus du même cépage peuvent ainsi suivre des choix de cave opposés et présenter des équilibres très différents.

À la Vinothèque du Léman, à Ferney-Voltaire et Saint-Genis-Pouilly près de Genève, apportez si possible le nom d’un vin apprécié et décrivez précisément ce qui vous a plu. L’équipe pourra chercher un style comparable parmi les bouteilles réellement disponibles et vous conseiller la température de service. Les catalogues servent à explorer la sélection, sans garantir un stock, un prix ou un millésime. Pour distinguer cette sensation d’un problème réel, lisez aussi notre article sur le goût de bouchon et le TCA. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

Questions fréquentes

La fermentation malolactique produit-elle l’alcool du vin ?

Non. La fermentation alcoolique est assurée par les levures à partir des sucres. La conversion malolactique est réalisée par des bactéries lactiques qui transforment l’acide malique en acide lactique.

Un vin qui sent le beurre est-il défectueux ?

Pas nécessairement. Le diacétyle peut donner une note beurrée recherchée dans certains styles. Son équilibre et son intensité comptent ; une odeur beurrée n’est pas, à elle seule, le diagnostic d’un défaut.

Tous les vins ayant fait leur malolactique sentent-ils le beurre ?

Non. La malolactique peut adoucir l’acidité sans produire un arôme beurré évident. La concentration en diacétyle, les autres arômes et les choix d’élevage influencent la perception finale.

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