Domaine de Trévallon : Cabernet Sauvignon, Syrah et calcaire des Alpilles
Le Domaine de Trévallon occupe le versant nord des Alpilles, entre Saint-Étienne-du-Grès et Saint-Rémy-de-Provence. Éloi Dürrbach y plante ses premières vignes en 1973 et donne au rouge une identité qui demeure immédiatement reconnaissable : le Cabernet Sauvignon rencontre la Syrah sur des sols calcaires, dans un paysage de garrigue, de pins et d’oliviers. Un blanc, produit sur une surface beaucoup plus réduite, complète le travail familial. Nous aimons Trévallon pour cette alliance de droiture, de profondeur et de tempérament provençal, mais aussi pour sa capacité à vieillir sans perdre son relief.
Cabernet Sauvignon, Syrah et calcaire des Alpilles
Le rouge de Trévallon repose principalement sur le Cabernet Sauvignon et la Syrah, un assemblage audacieux en Provence lorsque Éloi Dürrbach le choisit. Le Cabernet apporte la colonne vertébrale, le cassis, le graphite et des tanins fermes ; la Syrah donne la violette, le poivre, l’olive noire et une chair plus méridionale. Le calcaire maintient l’ensemble droit et frais. Avec l’âge viennent le tabac blond, le cuir fin, les herbes sèches, le sous-bois et une note de truffe.
Nous servons le rouge à 16 °C. Sur un millésime solaire, 15 °C lui rend de l’élan ; sur une année plus fraîche, 16 à 17 °C assouplit la trame. Avant 8 ans, une carafe large de 2 heures libère le fruit et les épices. Entre 8 et 15 ans, 1 heure suffit. Pour une bouteille de plus de 20 ans, nous la plaçons debout la veille et la décantons doucement, juste avant le repas, afin de séparer le dépôt sans fatiguer le vin.
À table, il demande des plats construits : épaule d’agneau rôtie au thym, côte de bœuf, daube provençale, pigeon aux olives ou gigot accompagné d’un jus réduit. Une polenta aux champignons et au romarin fonctionne également très bien. Nous évitons les sauces sucrées, qui durcissent le Cabernet. La garde atteint couramment 15 à 25 ans dans une cave stable à 12 °C ; les années les plus structurées franchissent les 30 ans.
La famille Dürrbach, des arts à la vigne
L’histoire familiale commence avec Jacqueline de la Baume, lissière, et René Dürrbach, peintre et sculpteur. Le couple acquiert Trévallon en 1960. Leur fils Éloi, d’abord formé à l’architecture, transforme véritablement la propriété en domaine viticole lorsqu’il plante les premières vignes en 1973. Son choix du Cabernet Sauvignon associé à la Syrah fixe alors une direction que la maison n’abandonnera plus.
L’art demeure visible sur chaque bouteille : les étiquettes de chaque millésime reprennent un dessin de René Dürrbach. Elles ne sont donc pas un simple habillage, mais le prolongement de l’histoire familiale. Après la disparition d’Éloi en 2021, sa fille Ostiane reprend la direction du domaine, entourée d’Antoine et d’Isoline. Cette continuité préserve une conception très personnelle de Trévallon, depuis le travail des parcelles jusqu’aux longs élevages.
La désignation portée par les vins a évolué selon les époques, tandis que l’identité du domaine est restée centrée sur son lieu, ses cépages et son style. Nous retenons surtout cette fidélité : un rouge bâti pour la garde, sans recherche d’effet immédiat, et un blanc produit en faible quantité, élevé avec la même patience.
Un vignoble de quarante parcelles dans trois vallons
Les vignes se répartissent dans trois vallons du Parc naturel régional des Alpilles. Environ quinze hectares sont morcelés en plus de quarante parcelles, au milieu de la garrigue, des pins et des oliviers. Les sols réunissent calcaires crétacés, argiles, marnes, sables, galets et éboulis. Cette géologie donne au rouge sa fermeté et cette sensation crayeuse qui prolonge la finale, tandis que les expositions variées permettent de conjuguer maturité du fruit et fraîcheur.
Le domaine cultive ses vignes en agriculture biologique et travaille avec des plants issus de sélections massales. Le morcellement n’est pas anecdotique : il permet d’assembler des raisins provenant de situations complémentaires. Les secteurs les plus frais soutiennent l’acidité et les notes florales ; les expositions plus chaudes apportent la chair, les épices et la maturité des tanins.
Le rouge occupe environ douze hectares. Un peu de Cinsault, planté en 2020 et vendangé pour la première fois en 2024, rejoint désormais l’encépagement. Les grappes fermentent entières, sans égrappage. Le vin est ensuite élevé pendant plus de deux ans en grands foudres, puis collé au blanc d’œuf et mis en bouteille sans filtration. Cette vinification explique une matière serrée dans la jeunesse et recommande quelques années de cave avant que le bouquet ne se déploie pleinement.
Le blanc de Trévallon et ses accords à table
Le blanc vient d’une surface d’à peine deux hectares, divisée en une quinzaine de parcelles et plantée de six cépages. Chaque parcelle est élevée séparément pendant douze mois, en barriques et en demi-muids. L’assemblage intervient ensuite, avant une mise en bouteille sans filtration. Ce travail parcellaire et cet élevage donnent un blanc ample, plus gastronomique qu’apéritif.
Dans le verre, nous cherchons des notes d’agrumes mûrs, de poire, de fleurs blanches, d’amande fraîche et d’herbes méditerranéennes, avec une matière légèrement crémeuse et une finale saline. Servez-le à 11 °C, puis laissez-le gagner 1 ou 2 degrés dans le verre. Trop froid, il perd sa texture ; à 13 °C, son élevage et ses nuances épicées apparaissent nettement. Dans ses 3 premières années, une carafe de 30 minutes lui fait du bien.
Il accompagne un turbot rôti, une lotte au fenouil, des noix de Saint-Jacques, une volaille aux morilles ou un risotto au parmesan. Avec la cuisine provençale, nous le préférons sur un loup au four, des artichauts poivrades ou des légumes rôtis à l’huile d’olive. Sa garde se situe entre 8 et 12 ans à partir du millésime. Les premières années privilégient les agrumes et les fleurs ; la cave apporte ensuite la cire, les fruits secs et des notes de safran.
Domaine de Trévallon, ce que nous référençons
Nous suivons le Domaine de Trévallon dans notre catalogue sous les libellés « IGP ALPILLES - Domaine de TREVALLON », « IGP ALPILLES Domaine de TREVALLON » et « DOMAINE DE TREVALLON ». Nous conseillons séparément le rouge et le blanc, car leur encépagement, leur élevage, leur fenêtre de service et leurs accords ne se ressemblent pas.
Les bouteilles sont proposées selon nos arrivages à Ferney-Voltaire et à Saint-Genis-Pouilly. Dites-nous le plat prévu, le nombre de convives et la date du repas : nous vous orienterons vers la couleur, l’âge et le format les plus justes, et nous vous dirons franchement lorsqu’un flacon mérite encore quelques années de cave.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
Questions fréquentes
Quand les premières vignes de Trévallon ont-elles été plantées ?
Éloi Dürrbach plante les premières vignes en 1973, sur la propriété acquise par ses parents, Jacqueline de la Baume et René Dürrbach, en 1960.
Le Domaine de Trévallon produit-il seulement du rouge ?
Non. Le domaine produit son rouge autour du Cabernet Sauvignon et de la Syrah, avec un apport récent de Cinsault, ainsi qu’un blanc issu de six cépages cultivés sur moins de deux hectares.
Une question reste en suspens ?
Dites-nous ce que vous préparez, ce que vous aimez et le budget que vous souhaitez garder. Un caviste de Ferney-Voltaire ou de Saint-Genis-Pouilly vous répond simplement.
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